Nouvelle année au jardin
Nos vœux d’heureuse année 2026 à tous ceux que nous côtoyons : humains, animaux, arbres et plantes…
Le jardin continue à offrir un accueil bienveillant aux Résidents du Martrais. Yves et Caroline sont là presque tous les après-midi. Au lieu de s’endormir devant la télé, ils coupent du bois mort et le range, fabriquent des fagots, assurent l’entretien du lieu, prennent des initiatives, discutent… et retrouvent un sentiment d’utilité é, de vie libre. Oubliés les maux quotidiens !
Des personnes isolées, principalement des retraités, viennent aussi « parler », partager leurs avis sur l’actualité, échanger des plants, se procurer du vieux foin, participer aux activités, alimenter le compost. D’anciens adhérents et sympathisants rajeunissent en redécouvrant les lieux. De Paris, Brest ou ailleurs, ils apprécient ce moment de nature…
Patrick partage ses connaissances sur la forêt et le patrimoine, Pauline assure les contacts avec l’ONF. Adahy apporte un sourire nouveau et sa volonté de bien faire. Gaspard est toujours prêt pour de nouvelles aventures, des découvertes de la nature et du patrimoine, des échanges avec Pirouette, Mémoire de Vay, l’UNC… et rêve de remettre en état un vieux solex. Quant à Titouan, il continue à surveiller les lieux, taille les branchages dangereux, les arbres victimes du vent, établit des priorités, partage force et talents. De temps en temps, Hippolyte apporte ses capacités de « jeune paysagiste professionnel » ; Pierre-Axel, FX, Paul, Ewen, William… viennent partager un moment de vie, rappeler qu’ils sont là en cas de besoin. Et n’oublions pas le « jour de Jocelyne » que sa marche quotidienne conduit au jardin où elle offre ses services d’égreneuse de maïs et coupeuse de pain dur. Marie-Josée apporte fruits et légumes périmés offerts par un supermarché et prépare notre participation au « printemps des poètes ». Le grenier de Christiane recueille épis de maïs et pain dur destinés aux animaux. Merci à ceux qui nous offrent ces restes qui reprennent vie au lieu d’être réduits au statut de déchets. A nos voisins Chantal et Bernard qui nous permettent de bénéficier du terrain ; aux communes qui nous soutiennent…
Les relations humaines comportent aussi de nombreux « sourires » et « bonjour » encourageants, des contacts avec les « clients » qui apprécient les œufs que nos poules dispensent avec parcimonie, le jus de pommes et les confitures « maison », avec les visiteurs qui apprécient ce qu’ils nomment « le zoo gâvrais », que Laurent gère au quotidien avec les personnes disponibles.
Côté animaux, le froid complique parfois les choses en rendant les déplacements difficiles, en gelant l’eau mise à disposition, en réduisant la pousse de l’herbe. Nous tentons de compenser par des seaux de verdure offerts aux poules, oie et canards ; du maïs et du foin pour les chèvres ; croquettes et pain trempé pour les chats qui, en échange, éloignent les rats. Tous bénéficient d’abris, mais certaines cabanes et clôtures ont besoin d’un « coup de neuf », à programmer dès que le temps sera favorable…
Peu de nouveautés chez les chèvres où les chevreaux attendent un départ vers d’autres prairies. Le sage Yaco recule face aux vitupérations de Maître Caramel, toujours soucieux de conforter son pouvoir. Dans l’enclos de la mare, l’oie se manifeste bruyamment si l’on ne respecte pas les horaires, si des inconnus s’approchent… Elle a, semble-t-il, adopté les deux derniers canetons… et chassé leurs parents qui errent dans le jardin.
Moineaux, pinsons, mésanges et autres oiseaux partagent le repas des poules et, le soir, des vols de choucas bavards viennent occuper les chênes pour la nuit. C’est aussi dans les arbres que nos coqs et poules « perdrix » établissent leur dortoir. Une race étonnante : certaines abandonnent et repoussent leurs poussins ados qui parfois en meurent de désespoir ; une autre ne parvient pas à se séparer de son fils qui vient au nid avec elle au moment de la ponte, couche à son côté sur une haute branche… La plus petite joue à la reine : l’œuf est précédé d’un étonnant concert où sa voix pareille à nulle autre est accompagnée du chant des coqs pendant plusieurs minutes. Et l’un veille sur elle tant qu’elle reste au nid !
Tout un monde en équilibre qui connaît nos heures d’arrivée et de départ, manifeste joyeusement dès que la voiture se fait entendre, réclame sa pitance et un dîner cadeau au coucher du soleil…
Parmi la flore du jardin, les arbres continuent à croître, mais souffrent des coups de vent qui parfois étêtent. Au sol, les plantes tentent de résister au gel et d’occuper le terrain avant les plantations printanières. C’est la période des dernières récoltes : quelques salades et framboises tardives, des poires de terre (yacon) qui éveillent la curiosité des visiteurs. Par temps propice, les jardiniers ont commencé l’apport de compost, la remise en état des carrés potagers surélevés…
Ainsi va la vie au jardin où une présence quotidienne est assurée.
Quelques mots sur l’atelier jardin/bricolage du collège Mermoz – Nozay – que nous avons créé et animé durant des années à raison d’une ou deux heures hebdomadaires. Bien plus qu’un jardin, un lieu d’écoute bienveillante, d’apprentissage et de partage des savoirs, d’initiatives et affirmation de soi, d’expression de talents extra-scolaires. Des sourires, des visages ancrés dans la mémoire…
Cette année nous n’avons pas été sollicités, les candidats à l’atelier ne seraient pas assez nombreux. Toutefois, l’activité persiste sous la direction de Monsieur Guéveneux, responsable du foyer. Nous souhaitons pérennité à ce moment de libre expression, en lien avec découverte et protection de la nature.