Eté 2013 au jardin

Un été au jardin

                Calme mois de juillet, marqué principalement par l’arrivée de la faux de Marie-Josée. Des essais prometteurs le long de la haie ouest où les ronces tendaient des tentacules gourmands vers les carrés de légumes. Et, au cœur du taillis, la découverte d’un cadavre desséché… de ragondin. Notre faucheuse n’a pas hésité à lui retirer 3 longues dents rouges : un début de collier sauvage ?

                Récoltes traditionnelles tout au long du mois, ponctuées par la lutte acharnée de Marie-Josée pour sauver les plants de tomates victimes du mildiou… apporté sans doute par le voisinage de fanes de pommes de terre malades…

               hprofil-1.jpg Remue ménage par contre côté animaux. Poules et canards ont échangé leurs lieux de vie. Notre cane, d’abord perturbée et solitaire, semble revivre : elle attend les caresses et s’est remise à pondre ! Quant aux  gallinacées, ils se réjouissent du changement : de la verdure, du soleil et des escapades dans le domaine des chèvres. C’est d’ailleurs, après divers essais peu satisfaisants, dans l’une de leurs cabanes que les poules déposent désormais une partie de leurs œufs quotidiens.

                Les chevreaux turbulents nous ont quittés pour d’autres horizons et le parc ne retentit plus du bêlement insistant des chevrettes en quête de feuilles fraîches. Hercule, le nouveau mâle au pelage neigeux, au brushing séduisant, a rejoint le troupeau. Un changement perturbateur pour ce jeune bouc qui ne connaissait guère que la compagnie des humains. Et il a intérêt à s’écarter du passage des mères dominatrices ! Pour lui redonner le moral, nous le sortons chaque jour à l’attache le long de la haie. En vrai « bouc des fossés », perché sur deux pattes, il apprécie ! Désormais il attend près du portillon notre arrivée pour sa sortie quotidienne et la portion de pain sec fournie par Marie-Josée.repos.jpg

                En août, la corvée « arrosage » s’est imposée face à la sécheresse persistante. Arthur, Laurent, Pierre-Axel, Marie-Josée, Arthur voire François-Xavier ont tenté d’apporter un peu de fraîcheur vitale aux légumes. Heureusement que la mare est là ! Mais c’est aussi ce que semblent penser les ragondins. Devant l’assèchement du ruisseau et des points d’eau voisins, ils ont regroupé leur famille – petits et adultes – sur les rives de la mare, sous les racines des chênes ou au creux de profonds terriers. Et nous avons commencé à lutter contre ces envahisseurs exotiques.

                Profitant de quelques jours de repos, Benjamin a fait son retour dans l’espace agricole. Avec Arthur comme ouvrier, il a entrepris des travaux d’élagage, de remise en culture, de semis avec l’espoir de pluies prochaines. Et pour ne pas retrouver son terrain sous les eaux comme l’hiver dernier, il a commencé à creuser des tranchées destinées à recevoir des tuyaux de drainage.

                Certaamjorchestre.jpgins après-midis, notre orchestre (Marie-Josée, Pierre-Axel, Arthur) a repris ses improvisations endiablées avec des instruments  très « nature » et des rythmes universels - quoique fortement africanisés -  imposant silence à notre ménagerie surprise par une telle concurrence. On a même vu Arthur esquisser quelques pas de danse… L’arrivée de Mathieu, Youen, Steven a déclenché de folles parties de rugby (« soulby » plutôt) entre les rangs de légumes avant des séances d’arrosage ou d’exploration de notre univers maritime sur des radeaux plus ou moins stables. Le jeune François-Xavier a tellement apprécié qu’il ne rêve rugby.jpgplus que parties de rugby lorsqu’il met les pieds au jardin. Et il bénéficie de la complicité d’Arthur. Ce dernier, qui a provisoirement abandonné la construction des cabanes, a imaginé un nouveau sport mêlant golf et rugby. Un bon travail d’imagination à défaut d’un sport d’avenir… Quoique… la télé vient de diffuser un reportage sur le « golf/foot », un sport en pleine extension paraît-il…

                Estivades :

              Comme nous l’indiquions dans notre bulletin précédent, il y a quelques années nous nous sommes procuré une brouette de supermarché, pas chère, en promo, sûrement rutilante sous son emballage cartonné, pleine de promesses pour les apprentis jardiniers. Voilà donc nos jeunes bricoleurs clés à la main. Pas besoin de « mode d’emploi » à la traduction incertaine… Et la brouette s’est dressée semblable à toutes les brouettes. Une prise en mains pas convaincante pourtant. Aurait-on inversé des pièces ? Démontage, remontage, premier et ultime transport bringuebalant avant une remise définitive dans le tipi de retraite au fond du jardin. Roue défunte, articulations rouillées qui partent en lambeaux… quasiment gênés par son état, nous avons préféré cacher la pauvre vieille…

              Et puis voilà que cet été Arthur lui a jeté un regard neuf : une bonne caisse, des bras encore en état, il fallait lui donner sa chance. Pourquoi pas une nouvelle vie de « barbecue » ? Apitoiement ou perspectives gourmandes, notre bricolo s’est mis à l’œuvre. Pinces, marteaux, liquide rajeunissant, nous lui passons les instruments nécessaires pour l’opération. Puis c’est la création du cadre où elle trône désormais à hauteur d’homme : caisse pour les braises, bras pour soutenir les grilles... Il fallait bien inaugurer cette reconversion…

             C’est donc à la fin des vacances d’été que nous avons créé notre « estivade ». « Esti- » comme estival, « -vade» comme évadé : évasion de la triste et inutile retraite pour la brouette avec un regain d’intérêt, de vie…, évasion aussi des soucis quotidiens pour les convives, du soleil d’été avant les sombres froidures…

                Grand succès pour notre première : nous étions une trentaine autour des tables prêtées par Annick. Les uns avaient apporté les boissons, d’autres les desserts, les résidents du Martrais une ratatouille, Chantal de savoureuses pâtes, Annie et l’association les grillades.

             barbecue.jpg   Arthur n’a pratiquement pas quitté son poste de « grilleur » de la soirée et le « barbecue/brouette » a fort bien répondu aux attentes des ventres affamés. Adrien l’assistait… de ses encouragements tandis que Steven faisait office de « refroidisseur », parfois trop empressé, pour notre apprenti cuisinier.

                Autour des tables chacun apportait souvenirs, réflexions, impressions à propos de la limonade de sureau d’Annie, de l’été en train de se défiler, du jardin assoiffé. Et Joseph n’était pas le dernier à mettre de l’ambiance ! A notre grande surprise, Joël nous a confié avoir reconnu un ancien représentant en tracteurs « David Brown » venu dans la ferme de ses parents alors qu’il était encore enfant. Il se souvenait même de son nom : Paul Ferré, notre aîné, plus de 80 ans !! Franck racontait ses dernières pêches : des poissons chats et des bauers… Nos 7 invités de la Résidence du Martrais oubliaient et faisaient oublier leurs handicaps.chute.jpg

                Les plus jeunes ont multiplié les allers-retours de la table aux radeaux de la mare avant de finir la soirée perchés dans la cabane rénovée d’Arthur à plusieurs mètres du sol.

                Enfin, c’est à la bougie que Bernard, arrivé tard du travail, a dégusté les dernières côtelettes, tandis que Marie-Josée massait le dos contracté de Charlotte. Rangement rapide du matériel sous les abris, la nuit est tombée, l’automne pointe le bout du nez…

                Une heureuse soirée de partage que même les moustiques ont respectée en se tenant à l’écart.

                Vie intense donc au jardin à défaut de voyages lointains. Le camp en Espagne, un moment envisagé, s’est transformé en recherche de travail. Eh oui, nos ados ont besoin d’argent de poche ! Des expériences diverses : vaisselle dans un restaurant, aide à un traiteur, opération « bois mort » (abattage et vente), remplacement dans les exploitations agricoles… et même recherche de « job » sur « le bon coin ». Une expérience marquante ! (voir « Arnaque au boulot »)