Education citoyenne

 

                                    Education citoyenne

 

                  "Notre rôle dans la société est de contribuer à la formation de citoyens responsables par rapport à l’environnement et à la vie elle-même. » 

                                                                           Habermann, philosophe allemand

                Education citoyenne : rude objectif que l’on s’était fixé en rédigeant les statuts de l’association ! S’il est bien des combats que nous pouvons mener ensemble pour l’épanouissement de chacun et la protection de l’environnement, les médias nous montrent aussi une société où règne l’hypocrisie et le chacun pour soi.

                Alors on s’étonne, on s’étonne… et on regarde, inquiets, la crise qui rampe sous les ors du pouvoir.

                 On s’étonne et on rit jaune en lisant les ouvrages de Zoé Shepard « Absolument dé-bor-dée » et « Ta carrière est finie ». L’auteur raconte avec humour sa vie d’employée de mairie dans une grande ville. Au fil des jours, elle met en évidence les dérives des élus incarnés par Fred, personnage ambitieux et dépensier à qui tout est dû : « Maintenant qu’on est élu, on fait c’qu’on veut ». Elle dénonce les créations de postes parfois en doublets pour des amis incompétents mais courtisans actifs alors que l’on méprise les employés de base, les délégations à des agences et cabinets assoiffés de l’argent public parfois sans réelle mise en concurrence, la multiplication des commissions, des études et notes jetées à la poubelle avant d’être lues, les réunions stériles… Pas de pitié non plus pour « l’anglo-management », la multiplication des sigles régulièrement « relookés », le vocabulaire à la mode : « créer du lien, solidarité, développement durable, écologie, démocratie participative, écocitoyenneté… » : du « verbiage, des discours creux ». Elle s’en prend en particulier à la « Com », source de « gabegie » : impression couleur sur papier glacé de documents destinés à une population indifférente, stylos personnalisés, clés USB, panneaux lumineux, pub dans les médias et tous ces montages Powerpoint « Le génie de Powerpoint  est de distraire le public en dissimulant la vacuité d’une proposition ». Il faut y ajouter les réceptions, repas, déplacements inutiles… Elle a connu la « placardisation : résultat de la crise d’autoritarisme d’un chefaillon frustré consistant à mettre à l’écart tout salarié qui n’exécute pas béatement ses ordres imbéciles. »

                Une description que l’on espère exagérée, mais dont la lecture ne peut qu’être vivement conseillée à tous les élus et personnels administratifs, au mieux à titre préventif.

                On s’étonne encore devant les smartphones, les comptes « tweeters »,  les gadgets marchands devenus indispensables à la CROISSANCE.  Une communication qui ressemble davantage à de la propagande qu’à de vrais débats. On « communique »,  mais on ne s’écoute pas, on ne s’entend pas, on agresse et on se sent continuellement agressé. Une vie artificielle, pour cacher la réalité : solitude, écrasement des humbles, conditions de travail dégradantes dans ces pays où l’on décentralise, salaires et indemnités toujours plus importants des puissants, « avantages acquis » que l’on défend avec plus d’ardeur que le droit au travail…

                On établit de nouvelles normes pour le confort des animaux, c’est bien, mais que penser des « prisons cloaques » surpeuplées, où règnent saleté, puanteur, violence, où l’on nous interdirait d’enfermer des animaux… Et toutes ces luttes hypocrites contre le tabac, l’alcool… auxquelles on consacre des sommes minimes par rapport aux taxes encaissées, et même aux « compensations » versées aux buralistes. Ces surfaces bétonnées pour un aéroport à l’utilité contestée, des routes,  centres commerciaux, stades… alors que l’on déclare qu’il faut protéger les surfaces agricoles, les zones naturelles sensibles. A propos justement de ces zones humides, protégées par la loi sur l’eau, ne vient-on pas d’apprendre que la ministre de l’environnement avait  pris un décret pour supprimer l’obligation de produire l’avis d’autorité environnementale. Il est vrai que l’étude d’« Eau et rivière de Bretagne » au sujet du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes dérangeait la DREAL (Direction Régionale Environnement, Aménagement et Logement) qui est chargée de la desserte routière du projet (O.-F. du 13/12). Oui, vraiment on s’étonne, on s’étonne…

                On questionne, grogne et se renfrogne en voyant vedettes et sportifs aux salaires démesurés s’installer à l’étranger pour payer moins d’impôts. Quoique… Si le grotesque comportement de Depardieu, le franco-belgo russe avec des relents tchétchènes est qualifié de « minable » et voué aux gémonies, on est plus prudent avec les grands patrons Arnault, Afflelou et Cie, voire bienveillant parfois : Omar Sy n’est-il pas la personnalité préférée des français ? Et que dire de nos pauvres sportifs obligés de s’exiler : on comprend le soulagement du Président de la Fédération de foot après la décision du Conseil constitutionnel sanctionnant le projet d’imposition ! Nul ne s’indigne de salaires garantis à plus d’un million d’euros par mois après impôts… Où est la justice, où est l’Europe, une Europe  à égalité de droits et de devoirs. 

                Que dire par ailleurs des querelles de personnes au sein des partis politiques, et bien pire de cet enfer des femmes violées, martyrisées dans les zones de guerre, au Congo, au nord Mali… dans la quasi indifférence. Parfois même par un chef d’état mégalomane et obsédé sexuel. Lisez à ce sujet « Les proies » d’Annick Cojan qui relate les horreurs commises par Kadhafi, ce « père des peuples » admiré par certains, accueilli en grandes pompes dans nos pays.

                Et la Terre ? On marmonne, on marmonne à Doha avec des voix de moins en moins nombreuses, de plus en plus assourdies « il faudrait réduire les pollutions, sauver le climat, les ressources de la planète qui subsistent encore, la biodiversité, économiser l’énergie, ménager une transition vers une nouvelle économie, une autre conception du progrès, une autre civilisation… » Paroles, paroles, souvent loin des actes. Ah, la CROISSANCE, mon pouvoir, mon confort. Politiques, dirigeants,  et vous tous humains, si vous osez lutter, MERCI ! Si vous l’avez perdue, retrouvez vite votre liberté de penser, de parler, d’agir. Oubliez vous, oubliez votre grandeur, cessez de vous écouter pérorer, retrouvez lucidité et générosité, fraternité, luttez pour SIMPLIFIER, aller à l’essentiel en innovant pour le bonheur d’aujourd’hui en ménageant des « chemins d’avenir ».

-          Allez, « l’homme des bois » regagne ton jardin et laisse-nous palabrer, bétonner, encaisser, ADMINISTRER. La Terre, on s’en F…, on n’sra pas là d’main.

                Pays imaginaire ? Cauchemar ? Délire ? Peut-être est-ce cette épine dans la main qui m’a infecté, affecté au point de créer confusion et regard noir sûrement dénué de tout fondement. Ne vivons-nous pas dans une démocratie « participative »? Ne proclame-t-on pas à chaque instant EGALITE, SOLIDARITE, LIENS SOCIAUX. Des liens… Attention ! Et la solidarité n’implique-t-elle pas condescendance  du puissant pour l’inférieur ? Mais qu’est donc devenue la FRATERNITE ? Démodée ? Gênante au point d’être oubliée par tous les gens qui proclament : Nous les politiques, nous les dirigeants, nous les artistes, nous les immigrés, nous les vrais français, nous les jeunes, nous les… Une liste sans fin de divisions...

                On le sait bien, le peuple est plus prompt à la critique qu’à l’éloge de ses élus et de son administration… alors Vraiment merci à tous ceux qui, dans ce monde où l’on communique tant et si mal s’oublient pour se mettre au service de la population, une aventure exaltante mais combien difficile !