Mémoires de guerre… en forêt du Gâvre
En cette année où l’on commémore les 80 ans de la fin de la guerre 39/45, où l’on appelle à se souvenir, à se rassembler autour des monuments…, nous avons décidé de partir en « pèlerinage » sur le site de l’un de nos plus imposant « monument » local : les quais militaires en forêt du Gâvre et les trous d’obus à proximité.
Aucune indication, pas le moindre fléchage, pas de panneau informatif…, ce lieu qui a fortement marqué notre Histoire sombre dans l’oubli. Oubli de l’ONF, du département, des collectivités locales, difficilement compréhensible. Il existe là un parcours en boucle simple, évocateur, facile d’accès sans déranger la faune et la flore forestière. Mais l’état d’abandon et le manque d’information n’incitent pas à réveiller les souvenirs, à susciter la réflexion et l’éducation. Devant nous un couple s’arrête bloqué par des arbres tombés qui barrent le chemin. L’homme qui connaît les lieux s’étonne, s’indigne de la situation. Plusieurs pins sont couchés sur la voie bétonnée, des ronces s’étendent couvrant en partie l’ancienne piste, la vég
étation s’insinue dans les interstices de l’espace bétonné, le chemin emprunté par les véhicules militaires pour accéder au préau sur les quais est impraticable…
Peu à peu, ce site historique disparaît, choix ou résignation ? Depuis longtemps déjà, les rails qui reliaient quais et blockhaus en forêt ont disparu, plus récemment les ouvertures des bâtiments ont été obturées par des grilles afin de préserver la tranquillité des chauves-souris. Mais l’un des cadenas est fracturé et les déchets s’accumulent. Des tags « ornent » le ciment, les égouts aménagés dans cette zone humide par les anglais et les allemands sont bouchés ou effondrés, les postes de garde et d’incendie défensifs n’existent plus…
Devant tant de négligences, l’indignation nous gagne. L’incompréhension aussi, alors que l’on multiplie les commémorations officielles, les appels à la mémoire, au respect du patrimoine. Ici existe un lieu réel à forte valeur pédagogique… et touristique, qu’il est choquant de voir sombrer dans l’oubli.
A moins que l’on veuille montrer la force de la nature qui, finalement, triomphe des désordres humains ?