Poèmes

Poèmes

                    Matin d'été au jardin

                Marceau est matinal ce matin
A 7h30, il est au jardin
Pour l’envol des étourneaux
Qui dorment autour du terrain
Chamailleries, cris farauds …
 
Tiens ! voilà la famille ragondin
Qui déambule autour de l’eau
Plouf !! je dérange leur train-train
 
Dans l’allée, près des haricots
Dame couleuvre s’éloigne tranquillement
Vers l’espace boisé
Que nous lui avons réservé.
 
Sur le jardin où le soleil se fait plus ardent.
Le calme s’étend…
 
Soudain, de sonores « cocoricos »
Retentissent parmi les végétaux…
C’est le coq de nos voisins
Qui s’égosille, souverain
Jusqu’à midi, toutes les cinq minutes
Il sonnera ainsi, perché sur sa butte.
 
Quelques tourterelles roucoulent,
Le temps s’écoule…
Bruits de moteurs au loin…
La vie matinale au jardin…
 

                  Au merle musicien

Printemps...
Dans le jardin accueillant
Un concert nous attend
D’oiseaux aux multiples chants
Pinsons, moineaux, rouges-gorges,
Pies jacassantes, tourterelles,
Pigeons qui se rengorgent
Pour séduire les femelles…
Mais celui que je préfère
C’est l’air
Du merle dit « moqueur »
Qui résonne dès la première heure
Etend sa mélodie
Jusqu’à la nuit
Il nous ensorcelle
De ses ritournelles
Ecoutez… près des maisons
Il diffuse ses chansons :
                « Merle… Merle… Mer…, je n’aime pas ce nom qui m’est donné par les humains, à moi l’oiseau-lyre, le poète, le griot de la gent ailée. Merlette ou merleau, passe encore, toutefois je préférerais « rossignol noir », quoique « rosse… ». Et puis ma femme aux tons bruns serait vexée. Peut-être « Johny le musicien » ? Mais non, vous imaginez les ragots : J’ai vu un Johny perché dans l’arbre, il dégustait un ver… ou… Johny bave en maçonnant son nid loin des chasseurs… d’autographes. Non ! Merle donc, puisque merle il faut, mais musicien comme la grive, ma cousine.
                Du haut de mon arbre, je mets gratuitement en musique les dernières nouvelles, je raconte sans me lasser, bavard invétéré. Ecoutez la mélodie, les trilles harmonieux. Et pardonnez si j’aime m’écouter, mon chant transmet la joie de la nature qui renaît, de la feuille et de la fleur qui s’épanouissent. Il accompagne le jardinier, lui fait oublier soucis et mal de dos…
Rien en commun avec le corbeau de Monsieur de La Fontaine. Ma joie, mes histoires sont d’abord pour les jolies merlettes, pour les travailleurs du jardin qui m’approvisionnent en vers, pour la Terre à qui je dois tout. Et ma position élevée ne me fait pas oublier la réalité : de là-haut je surveille mon nid, les matous qui rôdent, les gamins qui manient la fronde… Mais je ne suis pas rancunier : tous bénéficient de mes concerts, même ces chasseurs au cœur de pierre qui s’ajoutent aux froideurs de l’hiver pour m’anéantir… »
Merle musicien
Merci d’égayer le jardin
De tes sauts de puce, je ris
Bec en avant, queue relevée
Dans l’herbe de la prairie.
Pardonne à ma raillerie
Et continue à chanter les Pâques fleuries !
 

        Puits à la Magdeleine

 
Un matin à l’orée de la forêt
Je me suis promené en calèche
Au vent joyeux, de mes cheveux s’envolaient les mèches
Soudain j’ai aperçu un jeune daguet…
 
Puis j’arrivai à la chapelle de la Magdeleine (1)
Dedans je vis une carte des vieux puits
Bien des chemins y mènent
Quand je sortis tombait la pluie.
 
Sur le sentier où je m’avançais
Les puits que je cherchais fuyaient
Vers où donc eau es-tu partie ?
 
Sans doute vers le ciel de midi
Dont l’heure venait de sonner
Loin, tout là-bas dans le clocher…
 
PAD
 
« Poème en marche »composé au fil des pas entre la Maillardais et la Magdeleine, au Gâvre. La calèche dont il est question stationnait près de la chapelle gardée par une chèvre et des chiens…
 
            Plus tard, avec Laurent, nous avons rencontré M. Gautier qui nous a indiqué que sur les 6 puits recensés dans la chapelle, seuls deux subsistaient dans des propriétés privées.. En sa compagnie, nous avons découvert l’un d’eux : quelques vieilles pierres au sol et une protection rustique. Une pompe permet d’arroser les plantations. La propriétaire nous indique que le puits n’est pas profond mais ne vide pas. A travers une haie, nous devinons le second au fond d’un jardin. Il a gardé son « chapeau »
            Qu’il est dommage que tous ces points d’eau aient été abandonnés et comblés ! Cette « vie » serait bien plus utile que les quelques mètres carrés gagnés…
            La carte affichée nous signale également que le nombre de familles du village est passé de 9 en 1940 à 11 aujourd’hui, par contre on compte moins d’habitants : 20 au lieu de 37. Les 6 fours à pain ont disparu de même que les vaches alors que chaque famille en possédait il y a 6O ans. Et plus question d’aller faire la lessive au proche ruisseau : en dehors de toute considération de modernisme, le cours d’eau est actuellement quasiment à sec…
            Des chiffres qui appellent une réflexion… 
 
(1)  Rappel historique : Le village de La Magdeleine est une ancienne léproserie. Sur l’une des poutres de la chapelle on peut encore lire la date de 1199. Bien sûr le bâtiment a été remanié au fil du temps, mais, en dehors des poutres du toit, il conserve quelques vestiges remarquables comme une statue polychrome de N. D. de Grâces et une « piscine » (2) dans le mur à droite de l’autel (photo) 
 
(2)   endroit où le prêtre se lavait les mains après avoir touché les hosties consacrées.