Ces instants-là

Ces instant-là

 

Ces instants-là – H. Wassmo

                Déroutant.

« Les heures ne sont pas miennes
Les événements sont irréels
Les gens passent devant moi
(…) Dans un monde où personne
Ne connaît qui que ce soit. »

                Dans ce récit,  l’auteur semble s’intéresser avant tout à la technique de l’écriture et lui sacrifie en partie l’intérêt de la lecture. Pour créer l’impression d’irréalité (citation ci-dessus), elle n’utilise que des pronoms « il », « elle », « lui »… dans lesquels parfois on se perd. Déstructure les phrases en commençant par le verbe. Un style haché, parfois pénible qui contribue cependant à créer l’impression recherchée « de curieux petits instants dont on se souvient simplement ». Un style qui renforce la non existence des personnages : « Cette honte de ne pas être. De ne pas être vraiment. Elle ne fonctionne pas. Pas toute seule. N’a aucun contrôle. Elle est l’étrangère. Invisible. On peut passer à travers elle sans s’en rendre compte. »

                Si l’on y ajoute la juxtaposition de la vie du personnage principal, de ses pensées, de ses rêves, du récit qu’elle écrit… sans transition, on comprend pourquoi ce roman est avant tout déroutant. Cependant, dans les derniers chapitres (ils sont courts) on finit par démêler les écheveaux : vie réelle, romans écrits par le personnage principal, pensées philosophique…

                Si vous êtes adeptes d’une littérature expérimentale, osez; sinon passez votre chemin.

Laurent