Réactions et réflexions

Réactions et Réflexions…

            

                 Protéger la nature, l’environnement, c’est  protéger l’homme, cultiver des liens de fraternité, de respect envers les autres êtres vivants regroupés sous les termes de « faune » et « flore ». Protéger la nature, c’est permettre à l’homme de prendre sa place sur la planète et donc, nécessairement, protéger la planète et ses ressources. C’est l’espoir que nous plaçons dans la prochaine rencontre « climat »…

                Hélas, l’homme cultive souvent égoïsme et volonté de domination. C’est  ce que nous constatons à travers les guerres, attentats, enlèvements et violences diverses qui font l’actualité.

                L’horreur d’un vendredi 13 à Paris ne doit pas faire oublier les violences quasi quotidiennes de Boko Haram en Afrique, les massacres au Liban, en Syrie, en Palestine…, dans tout le Moyen-Orient, et les multiples conflits qui secouent régulièrement la planète. Nos facultés d’indignation, de solidarité ne devraient-elles pas s’étendre à toutes ces innocentes victimes ?

                J’ai suivi avec attention le débat organisé sur France 2 trois jours après les attentats de Paris. Hélas, les politiques n’ont pas tous échappé aux « postures », aux interruptions incessantes et déstabilisantes des réflexions présentées par les interlocuteurs. L’un d’entre eux jouait au « petit coq », un rôle totalement déplacé et inquiétant dans ce contexte…Et quelques jours plus tard on retrouvait à l’Assemblée Nationale les chahuts de grands gamins, habituellement choquants, en l’occurrence particulièrement indécents. Par contre, on peut saluer la réactivité du gouvernement (enfin ?), le sang-froid et l’efficacité des forces de l’ordre, la dignité du Sénat et de l’Assemblée des maires de France.

                Par contre, des spécialistes et une présidente d’association chargée du suivi de 700 « radicalisés », victimes d’un véritable lavage de cerveau, ont su démonter les rouages de la toile Daesh… La « toile », oui, car les chefs de cette « secte » manipulent principalement à travers les réseaux sociaux dont ils maîtrisent les codes. Ils créent pour des jeunes déphasés, mal intégrés dans la société, dépourvus d’espoir, un monde virtuel qui les valorise, leur donne la puissance des jeux vidéos. Et contrairement à ce que l’on croit parfois, ils ne s’adressent pas aux « bons musulmans » ou chrétiens, aux « lecteurs du Coran » ou de l’Evangile. Non, leur cible privilégiée concerne ceux qui sont isolés, sans vraie culture religieuse, en conflit avec la société. Alors commence un processus de déshumanisation qui transforme l’autre en objet que l’on peut briser comme n’importe quel autre objet avec le but de détruire la société de « liberté, égalité, fraternité » - ce qui peut faire de la France une cible privilégiée – pour recréer un monde sous leur dépendance. Un peu comme les khmers rouges au Cambodge à une autre époque.

                Les remèdes ? Sévir contre toute valorisation de la haine et de la violence, les vidéos qui en font l’apologie, ne plus tolérer les quartiers ou zones « hors la loi » où sévissent des bandes attirées par l’argent facile, où prolifèrent les trafics et violences, saisir les armes qui circulent, accentuer la surveillance des frontières, redonner le goût de la vie à ceux qui sont déjà engagés dans un processus de mort… Mais aussi maîtriser Internet et les réseaux sociaux, développer l’éducation, le partage des biens et des responsabilités, intégrer les jeunes à la société en leur redonnant des valeurs, des objectifs « humanistes », une culture du respect, une famille, un travail, des loisirs sains, des raisons d’espérer, en leur apprenant à refuser que les autres pensent à leur place, en leur montrant que la vie est plus forte que la mort… Et bien sûr passer des incantations à l’action. Nous tous, sans reporter continuellement la responsabilité sur « les autres ».

                Il ne s’agit pas d’une « guerre de religion »- aucune ne prône la destruction de la vie – mais d’un combat contre une idéologie mortifère qui veut réserver les biens et les pouvoirs à ses « élus ».

                Pour lutter, les humains doivent s’allier au-delà des races et frontières, refuser tout commerce avec Daesh…, ce ne sont pas les seules bombes qui résoudront le problème.

                Voilà ce que j’ai retenu de ce débat qui abordait enfin les vrais questions en s’éloignant des « politiques », de bonne volonté sûrement, mais trop souvent embrouillés dans leurs certitudes, leurs positions partisanes.

                Que chacun garde à l’esprit ces souffrances, ces douleurs des victimes et de leurs familles en France et à travers le monde pour tracer de vrais « chemins d’avenir ».

Laurent