Soleil de décembre à Mermoz

                 Mi-décembre. Gelée matinale. Soleil de midi qui peine à s’élever dans un ciel purifié par les vents endimanchés. Si bien que le jardin demeure frigorifié à l’ombre des bâtiments, l’hôtel à insectes quasi déserté par ses aménagements… Mais voilà l’accueil qui réchauffe : la haute silhouette d’Adélie (un prénom que j’accompagne pourtant de la vision de terres australes glacées où se dressent des manchots) et ses deux acolytes, au sourire lumineux. Puis survient Monsieur Blanchard qui nous autorise à profiter du soleil en installant une haie de framboisiers le long du grillage ouest. Alban et Antoine nous rejoignent suivis de M. Peslherbe détenteur des clés magiques. Et s’ouvre le garage, bondit la brouette avide d’air frais, se jettent dans nos mains les manches d’outils désireux de se réchauffer.Becheurs

                Tandis que nos spécialistes partent en quête de feuilles, Alexis, Julian, Mattéo, M. Peslherbe et moi-même préparons le terrain pour les plantations. J’invite chacun à imiter Mattéo, soigneux, efficace, un vrai pro ! Plus loin, Alban, Antoine et Angéline affrontent l’ombre géante et plantent des fraisiers auxquels ils accordent un cache-col de feuilles. Et voici Ethan qui arbore un sourire éblouissant. Une bonne journée décidément !

                 Alexis plante les framboisiers et, au fur et à mesure des arrivées, des feuilles recouvrent le nouveau parterre. Une douce couette pour l’hiver. Mais, parmi les feuilles des intrus se sont glissés : quelques emballages papier et plastique. L’occasion pour Antoine de nous rappeler ce qu’il a appris en cours sur la persistance des déchets dans la nature. Pas question de les laisser polluer le sol, direction poubelle ! Quoi de mieux que cette concrétisation des enseignements ?... Paroles et gestes des parents, enseignants, adultes et jeunes ne sont pas sans portée. Ils peuvent contribuer à la multiplication des « colibris » - selon l’image de Pierre Rahbi – susceptibles d’atténuer (d’éteindre ?) l’incendie qui menace la Terre.Mais, parmi les feuilles des intrus se sont glissés : quelques emballages papier et plastique. L’occasion pour Antoine de nous rappeler ce qu’il a appris en cours sur la persistance des déchets dans la nature. Pas question de les laisser polluer le sol, direction poubelle ! Quoi de mieux que cette concrétisation des enseignements ?... Paroles et gestes des parents, enseignants, adultes et jeunes ne sont pas sans portée. Ils peuvent contribuer à la multiplication des « colibris » - selon l’image de Pierre Rabhi – susceptibles d’atténuer (d’éteindre ?) l’incendie qui menace la Terre.

                Un Noah en petite forme –maux d’hiver- nous aide à disposer des cartons le long de la clôture. Peut-être qu’un radis noir maison lui redonnera la pêche ? Ils sont encore un peu gringalets, mais tant pis : le voilà gratté, lavé, partagé…

     - Pas le même goût que ceux du commerce, bien meilleur !

Un sourire retrouvé, un verdict sans appel et des encouragements à nos radis pour un effort de croissance, et vite ! 

                Tandis que Mattéo réclame un 2ème atelier jardin hebdomadaire, que l’on rêve à la sortie auvergnate annulée, Julian s’empare d’un carnet et d’un stylo, esquisse un plan du terrain, écoute les avis de chacun, plante 2 branches. Promis, en fin d’après-midi il soumettra à M. Blanchard un projet d’implantation de 2 ou 3 arbres fruitiers sur la pelouse. Christophe, l'ouvrier d'entretien vient saluer les travailleurs alors que retentit la sonnerie de rentrée...
                Rencontres amicales dans le partage et la bonne humeur. De quoi compenser largement les faiblesses du soleil hivernal. On évoque rapidement Johny parti vers ses paradis inédits… Oserai-je dire que chacun des jardiniers ici présent, pour moi, est plus important…

              Dernière semaine avant les vacances… Aujourd’hui ce sont les 4èmes qui assurent l’accueil, leurs aînés n’étant pas disponibles. Dans mon sac, différentes plantes : framboisiers, violettes, monnaies du pape. Cette dernière, également appelée « lunaire » (l’enveloppe des graines sèche et décorative évoque la pleine lune ou une pièce de monnaie argentée) abonde dans notre jardin du Martrais (Le Gâvre) où elle se ressème naturellement. Comme la semaine précédente, nous abandonnons l’ombre des premiers parterres pour le nouvel espace ensoleillé.

                Rapidement le groupe s’organise : Thibault arrive avec la brouette chargée d’outils ; Alexis  nous quitte rapidement: "Pas la forme", remarque Julian. Celui-ci, Noah et le conducteur de brouette partent vers les lointains à la conquête de feuilles mortes. Alban, Antoine, Angéline, Emma… préparent le terrain pour les framboisiers, plantent les violettes en bordure, les lunaires côté nord, près du majestueux tilleul qui domine la pelouse. Puis le groupe rassemblé décide démocratiquement du choix des trois arbres fruitiers qui seront implantés à la rentrée : un pommier « chailleux » en hommage à la personne de l’accueil, un prunier « mirabelles » aux fruits dorés, un cerisier autofertile. Aussitôt les souhaits sont transmis à M. Guéveneux, responsable du foyer.

                Arrive Mme Laporte accompagnée d'une prof d'anglais dont l'accent roule brouillard insulaire et chaleureux soleil de nos terroirs. Elles s’engagent dans de longues discussions naturalistes, envisagent de rendre visite à notre espace nature du Martrais pendant les vacances. Quatre étudiants se présentent. Ils sont employés par le Conseil Départemental dans le cadre du Développement Durable et, plus spécifiquement, de la labellisation « 3D ». Longs échanges avec les jeunes et M. Peslerbe, souhait de nous voir intervenir dans un collège castelbriantais (trop loin !). L’heure est vite passée et rendez-vous est pris pour les plantations de fruitiers à la rentrée… avec des souhaits de vacances heureuses et moralement ensoleillées…