Réflexions

 

Réflexion à poursuivre...

Exister

                En juillet nous évoquions la situation des jeunes qui se heurtent continuellement à des interdits, ne disposent pas d’espaces de loisirs ouverts, ne peuvent travailler, ne sont pas associés aux décisions qui les concernent, condamnés à rester des ombres, au mieux des enfants assistés et surveillés.

                Or, les ados ont besoin de se libérer de ces liens, de développer une personnalité indépendante, d’EXISTER.

                Et, si ce n’est pas possible dans la société avec une place et un rôle reconnu, ce sera contre la société. C’est du moins ce que l’on peut penser en lisant l’actualité, par exemple cet article, paru fin août, citant les dégradations d’ados autour de l’étang du Gâvre. D’autant plus que les jeux vidéos sur lesquels ils oublient leur ennui n’incitent le plus souvent qu’à casser, détruire, tuer… Et que dire des infos quotidiennes, du comportement des adultes ? D’un système de valeurs basé sur l’argent, le moi surpuissant (individuel ou de groupe) ?

                Certains n’ont-ils pas tendance à passer du héros anonyme virtuel au monde réel ? En cassant, j’existe. La violence réelle dans les faits demeure souvent virtuelle dans les esprits. Les victimes sont celles des jeux, pas des enfants fiers de leurs œuvres, des adultes qui exposent des semaines de travail pour agrémenter la vie de tous, pas des travailleurs, ni des municipalités qui tentent de gérer au mieux l’argent public…

                Ne faudrait-il pas montrer la victime réelle, faire participer à des travaux collectifs de réparation ? Et surtout inclure dans la société, donner la parole, partager des responsabilités. Plutôt qu’agir POUR les ados, agir AVEC eux.

Exclus

                Car, faut-il le rappeler, dans notre société, les ados sont des exclus. Au collège, au lycée, on a instauré des délégués de classe, un progrès sans doute. Mais un rôle si limité dans la réalité. Quant aux municipalités, aux associations… bien peu sont admis dans les organes de décision. Souvent on n’éprouve même pas le besoin de les consulter. Les adultes ne possèdent-ils pas le savoir ? Alors on ne comprend pas leur mode de vie, leur mal être, leur besoin d’action. On a tendance à traiter l’ado comme un enfant, alors qu’il a besoin de se faire une place personnelle dans la société. Besoin de travailler, de gagner un peu d’argent  durant les longues vacances d’été ; de se détendre dans des loisirs en partie organisés, en partie laissés à sa libre disposition ; besoin d’occuper ses longues soirées, de découvrir les autres et le monde, de créer des liens, d’être reconnu… Et pas considéré comme un apprenti méprisé, insulté, à qui on réserve les tâches ingrates ou un étudiant improductif qui coûte cher.

Que faire ?

                D’abord, cesser de fermer les yeux aussi bien sur les manques que sur les excès. Avec les jeunes, offrir des espaces de liberté sécurisés, de dialogue, de refuge aussi, donner l’occasion de prendre des responsabilités, de s’impliquer dans la vie sociale, de travailler de ses mains (ex. l’association « l’outil en mains » où des professionnels à la retraite transmettent  leur savoir aux jeunes). Mettre en place des « quotas » de jeunes dans les organes de décision des associations auxquelles ils participent. Revoir parfois les temps d’activités  en fonction de leurs « horaires de vie ». Encourager les prises de responsabilité, les sorties découvertes…

                Bien sûr, rien n’est simple et il n’y a pas de solution miracle, l’adolescent aura toujours besoin de s’affirmer en s’opposant, mais on peut envisager un minimum pour favoriser une vie sociale plus apaisée.

                C’est toute une société à revoir, une société où chacun trouvera sa place, où les énergies sauront s’employer pour le bien commun.

Des exemples ?

                Utopie? Non, changeons de regard, observons les faits positifs, encourageons…

  • ·         La solidarité dont savent faire preuve les jeunes
  • ·         L’esprit de curiosité et de découverte, avide de nouveautés, d’expériences
  • ·         Les réalisations pratiques de ceux qui peuvent agir sous le regard bienveillant des adultes, comme dans l’opération « rêve et réalité » où des jeunes mettent en place des actions sociales…
  • ·         Et, avez-vous mesuré le temps passé au travail scolaire, avec des soirées « devoirs et leçons », activités extra-scolaires qui dépassent parfois la journée de travail des adultes ?

                Il n’y a pas que des éternels fatigués grognons et casseurs parmi les jeunes !

                La jeunesse, une richesse. L’adolescence, une puissance à laquelle il faut ménager des « Chemins d’avenir ».

 

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