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Lettre au député

 

Monsieur le Député,

                J’ai lu dans la presse que vous aviez choisi de siéger dans une commission « jeunesse, vie associative… », d’où ce courrier.

                Notre association intercommunale « Chemins d’avenir » a pour objectifs à la fois la « connaissance et la protection de l’environnement », « l’éducation citoyenne » avec le soutien aux projets de chacun, plus particulièrement des jeunes. D’ailleurs, les adhérents mineurs siègent dans notre C.A. à égalité avec les adultes, et sont même majoritaires dans le bureau.

                D’où cette première remarque : on parle de « quotas hommes/femmes» et jamais de « quotas jeunes ». Pourtant, ceux-ci constituent parfois la majorité des membres d’associations… où ils n’ont aucun pouvoir de décision. Et ne parlons pas des conseils municipaux : des droits aux immigrés, on en discute, mais les jeunes ??? Ne pourrait-on pas inciter fortement associations et municipalités à leur laisser plus de place, à les épauler dans des postes de responsabilité ? Agir AVEC et pas seulement pour. Mais vous avez sûrement déjà pensé à vous entourer de « conseillers ados »…

                Ce serait peut-être aussi une solution à certains problèmes de délinquance. Ainsi les jeunes de notre association (étudiants, apprentis) se plaignent de n’avoir aucun terrain à libre disposition. Par exemple, dans certaines communes, tous les terrains de foot sont  « interdits » ; il en va de même des stades… pourtant construits avec l’argent public. D’anciennes voies de chemin de fer permettraient de se déplacer en sécurité vers les villes voisines, mais leur remise en état exige une coopération intercommunale que nous ne parvenons pas à obtenir. Alors que faire ? Les jeunes se défoulent dans les rues, prennent des risques… Merci d’inciter là encore au changement.

                 J’attire également votre attention sur un danger que m’ont signalé nos jeunes cyclistes : les ficelles agricoles destinées à faciliter la traversée des troupeaux et parfois « oubliées » en travers des chemins communaux et voies publiques. Ils ont été confrontés à cette situation sur les anciennes voies ferrées et, récemment, l’un d’eux a été pris à la gorge près d’une ferme, à la sortie d’un virage, par ce piège dangereux. Chute, longue estafilade à la gorge, possible atteinte de la thyroïde… Un réel danger qui pourrait devenir mortel. Les municipalités hésitent à intervenir, sans doute de peur de mécontenter une partie de leur électorat… Pourtant, il serait si simple d’utiliser une bande réfléchissante déchirable. En tant qu’agriculteur vous ne pouvez qu’être sensible à ce réel danger qui menace particulièrement les jeunes ruraux.

                A propos des associations, nous constatons que sous cette appellation très générale coexistent des groupements fort divers:

-          Certaines « associations » ne le sont guère que de nom et permettent la réalisation d’activités professionnelles détaxées.

-          D’autres emploient des salariés, le bénévolat se limitant souvent à quelques tâches administratives ou de représentation.

-          Une troisième catégorie repose essentiellement sur des bénévoles qui investissent temps et même argent pour créer des liens, poursuivre des objectifs afin d’améliorer la vie en société.

Actuellement, il semble que l’on valorise davantage (en paroles et en finance) les assos avec salariés… ce qui décourage ceux qui œuvrent dans un total bénévolat.

Il me paraît urgent de se pencher sur cette question et, peut-être, de réactualiser la loi 1901.

      Je me permets de continuer avec des soucis plus locaux. Ainsi, nous avons soulevé à plusieurs reprises le cas de la carrière de Tahun en Guénouvry où de nombreux jeunes se réunissent pour boire et sauter des falaises dans l’eau. Le site est dangereux et de plus en plus pollué. Nous avons contacté la mairie de Guémené. Réponse : nous avons pris un arrêté municipal d’interdiction, nous ne pouvons pas tout surveiller… Ponce Pilate … Et de nous menacer de faire intervenir la gendarmerie si nous entreprenions de nettoyer le site !!! 

Au bout de 6 mois, la préfecture nous a répondu que le dossier était transmis à la sous-préfecture de Chateaubriant… Depuis, plus rien. Quant au représentant du Conseil général pour les espaces naturels sensibles, il nous a simplement déclaré qu’il était conscient des problèmes

Bien sûr, c’est un lieu privé. Cela autorise-t-il toute autorité publique à « se laver les mains et fermer les yeux » ? Dans l’idéal, ne pourrait-on y créer une base de loisirs entretenue et sécurisée 

Cet exemple n’est sûrement pas unique dans le pays.

       Troisième point sur lequel je voudrais attirer votre attention : l’évolution de la forêt du Gâvre et des forêts en général. Sans entrer dans les détails,  ce massif comme d’autres est sacrifié pour une rentabilité rapide. Des syndicats et techniciens révoltés (pas localement), parlent « d’euros-bois », ne reconnaissent plus leur métier, voient avec un profond désarroi des objectifs fondamentaux de la forêt sacrifiés (cf. site du SNUPFEN)

Encore un lieu de loisir public dont la population est privée. En forêt du Gâvre, le parcours sportif est détruit, des sentiers balisés sous l’égide de l’ONF pourtant, sont aujourd’hui dégradés voire inutilisables. En saison de chasse (4à 5 jours par semaine) « l’école de la forêt » ne peut fonctionner correctement et les promeneurs sont indésirables dans le massif…

        Je terminerai par une note d’espoir et d’encouragement. Les jeunes de notre association (qui ne compte aucun salarié, aucun local municipal) participent à des actions de nettoyage de sites, plantations, inventaire des haies, réhabilitation… Ils ont transformé un taillis en jardin, un « espace naturel » ouvert à tous. Quatre d’entre eux ont organisé un séjour vélo dans le Devon anglais. Un projet qu’ils ont entièrement conçu avec les encouragements des aînés, qu’ils ont partiellement financé par des travaux qui font l’admiration d’adultes étonnés par leur implication. Et le tout sans subvention. (Toutefois, si vous aviez une idée à ce sujet…)

Merci de les encourager, de favoriser ce type d’initiatives. Et puis, si vous avez encore un peu de temps libre, si la « simplicité » dont parlent les journaux résiste aux honneurs de la République, n’hésitez pas à nous faire part de vos initiatives, à nous rendre visite… Nous aurions bien d’autres questions à vous poser à propos de l’environnement, de la gestion des déchets, de l’agriculture bio… Agriculteur et député, comment pouvez-vous gérer ?

         Merci Monsieur de nous avoir lus, et bon courage dans vos nouvelles responsabilités. Nous comptons sur vous pour faire mentir l’adage « Un homme qui mène une politique courageuse est un homme mort (politiquement s’entend) ».

Pour « Chemins d’avenir", Le coordinateur

N.B.: courrier sans réponse à ce jour.

 

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